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LAURA EL-TANTAWY, PHOTOGRAPHE DU FUTUR

Laura El-Tantawy s’impose depuis quelques mois comme l’une des étoiles montantes de la photographie documentaire et du photojournalisme. C’est par besoin d’engagement que cette jeune Égyptienne de trente-trois ans, née en Angleterre et élevée au Caire, qui a fait ses études aux États-Unis et vit à Londres, s’est tournée vers la photographie. Toutefois, les sujets de société qu’elle aborde – le voile, la ferveur religieuse, le rapport des paysans à la terre, la transition politique et sociale de l’Égypte… – ont toujours aussi un lien étroit avec ses origines et l’exploration de soi.

Cette part de subjectivité conduit inévitablement Laura El-Tantawy à s’affranchir de la « neutralité » photojournalistique – la vraie objectivité résidant selon elle dans la complémentarité des regards des photographes. Ses images en gardent l’empreinte : portées par un style tout en suggestion, elles défient les codes en s’adressant à la capacité d’interprétation du regardeur : « Je suis une photographe qui prend appui sur ses émotions, confiait-elle à Jonas Cuénin lors de leur rencontre en juin 2014. J’aime réagir aux gens, aux silhouettes, aux couleurs, aux réflexions des vitres et des miroirs (…) et laisser consciemment des zones inexplorées, provoquer l’invisible. (…) Quand on peut percevoir plusieurs sens dans une photographie, c’est qu’elle est réussie. » 

La créativité au service du documentaire
Ce style est pourtant à l’opposé des exigences illustratives et souvent simplificatrices des éditeurs photos de presse. D’où son désir d’autonomie et d’éviter les piges, à moins de réussir à imposer sa propre vision. Laura El-Tantawy a pris acte, à travers Instagram, de la capacité du public à lire voire à créer des images complexes. Elle-même troque régulièrement son boîtier numérique pour l’iPhone et les images prises avec l’un et l’autre se côtoient sans distinction. Et d’ajouter : « Les réseaux sociaux sont devenus des prolongements du travail des photographes documentaires. (…) Comme tout le monde a un téléphone avec soi, lorsqu’on prend une photo, on se sent à la fois invisible et incorporé au public : une situation libératrice. »

En exprimant un point de vue personnel sur les événements et les hommes, Laura El-Tantawy nous proposent de nouvelles images, qui correspondent à son époque : sur Instagram, l’Internet, les cimaises ou dans les magazines, elle est une messagère d’histoires, entre virtuel et réalité.

 Pour lire la rencontre de Laura El-Tantawy avec Jonas Cuénin, voir Camera n° 7, p. 5-24.

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