|         FR  |   EN

FRANÇOISE HUGUIER : « LA PHOTOGRAPHIE A BESOIN DE PAROLES »

Françoise Huguier est une photographe toujours en mouvement. Un jour en Amérique du Sud, le lendemain en Asie du Sud-Est, elle a passé sa vie à voyager sur tous les continents et d’un thème à l’autre, pour en rapporter reportages éclectiques et livres somptueux : des portraits intimes de femmes africaines aux défilés de mode de Christian Lacroix ou Yves Saint Laurent, de son périple en Sibérie au portrait des classes moyennes de Kuala Lumpur ou Singapour, en passant par les appartements communautaires de Saint-Pétersbourg et les célébrités, Françoise Huguier est curieuse de tout et se sent bien partout. Une aisance qu’elle doit sans doute à son enfance passée au Cambodge, mais aussi à son opiniâtreté – sa devise : « Rien n’est impossible » – et bien sûr à l’expérience : « Je suis à l’aise, mais c’est venu petit à petit. Être photographe est un long apprentissage », confiait-elle à Brigitte Ollier à l’été 2012. 

Un apprentissage qui concerne autant l’attitude avec le sujet que la façon de photographier. Françoise Huguier explique s’être « trouvée » en tant que photographe après avoir compris « comment [s]e glisser dans la photographie » et s’émanciper des diktats du cadrage en cours au début des années 1980. Ce qu’illustre notamment l’une de ses photos les plus célèbres, en couverture du livre Sur les traces de l’Afrique fantôme, où un dromadaire semble positionné sur le dos d’un pêcheur à la tête baisssée. « Moi, je suis plus dans l’esthétique de l’image que dans sa signification, commentait-elle pour Camera. D’une certaine façon, j’appuie toujours au mauvais moment. Je suis naturellement décalée. »

Et si elle avoue ne se sentir bien que quand elle fait trois pellicules par jour, « sinon, je suis enragée », il n’empêche : ici, pas de précipitation ni de brusquerie, mais de la patience et des mots : « J’ai besoin de parler, ça fait partie de mon métier. Si tu mitrailles en débarquant chez quelqu’un, tu ne vois rien, la distance autorise l’approche. » Et de conclure : « La photographie ne se résume pas à l’instant du clic. » 

Cette force et cette générosité inébranlables, Françoise Huguier les met aussi au service des autres photographes – comme directrice artistique de la biennale de Bamako en 1994, et celle du Quai Branly, en 2011 –, ainsi que pour faire reconnaître la photographie à sa juste valeur, alors que la presse est en crise et que la marché impose ses pressions.
Ce qui achève de faire de cet « électron libre » l’une des très grandes dames de la photographie aujourd’hui. 

 

Pour mieux connaître Françoise Huguier, ses voyages, notamment en Afrique et en Sibérie, et sa vie de photographe, voir la rencontre avec Brigitte Ollier, « Françoise Huguier : « La photographie a besoin de paroles », dans Camera #1, p. 3-39.

Commander le numéro                                                                                                                                                                   Précédent | Suivant


PANIER : pas d'article

Libellé
Quantité
Prix Unitaire
Votre panier est vide

© Publications Camera. Conditions Générales de Vente Tous droits réservés.