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JOACHIM SCHMID, UN EXPLORATEUR EN PHOTOGRAPHIE

Depuis plus de trente ans, Joachim Schmid récupère dans la rue des photographies qu’il classe et conserve méticuleusement avant de les transformer en objets artistiques. Inspectant trottoirs, poubelles, marchés aux puces et même, plus récemment, ce « robinet à images » qu’est l’Internet, organisant de grandes collectes sous prétexte de recyclage, il fait feu de tout bois : négatifs, tirages, journaux et cartes postales, photomatons et photos de studio, catalogues publicitaires, portraits de famille ou photos souvenirs, images de sites de partage…
En s’appropriant ces images jetées, délaissées ou livrées au tout-venant, Joachim Schmid n’est ni voyeur ni voleur : il ne cherche pas à les investir de son imaginaire, à vivre d’autres vies. En marge de la photographie considérée comme art, il explore patiemment, en artiste, les multiples pratiques vernaculaires de la photographie, fasciné, confie-t-il à Valentine Plisnier lors de leur rencontre à Berlin pour Camera, par l’intensité des images qu’elles produisent. Une intensité telle qu’elle ne peut selon lui être théorisée, mais seulement montrée, à condition de les mettre dans une nouvelle situation, une nouvelle posture.

Ce déplacement dans le registre esthétique – que Joachim Schmid opère souvent sur le mode de l’humour et de la dérision par des associations inattendues, des découpages improbables, des classements typologiques étonnants, voire l’ajout de ses propres photos –, révèle toujours une manière de photographier, un usage, un sujet caractéristiques de nos sociétés occidentales. Son œuvre, protéiforme et en perpétuel renouvellement, met ainsi au jour, série après série, des aspects insoupçonnés de l’homo photographicus et de son univers.

Travail d’anthropologue, de sociologue, diront certains ? Travail d’artiste, répond-il, lui qui se voit plutôt en explorateur gravissant la montagne de la photographie. À travers les livres comme les installations qu’il crée, Joachim Schmid remet les images en circulation, les soumet à réinterprétation, travail salutaire par la distanciation qu’il introduit, alors que la pratique de la photographie s’est banalisée et son partage accéléré. Autant de raisons qui expliquent l’intérêt que portent musées et historiens du médium à cet artiste dont le regard est, avant tout, celui d’un photographe, celui qui voit et sait intercepter ce qu’il voit.

 

• Pour lire la rencontre de Joachim Schmid avec Valentine Plisnier, « Joachim Schmid, un explorateur en photographie », voir Camera n° 8, p. 5-24.
• Le jeudi 13 novembre à Paris Photo, retrouvez Joachim Schmid, invité de la conversation « Look At That! », qui se déroulera dans l’Auditorium au 1er étage du Grand Palais à partir de 18h. Pour en savoir plus : www.parisphoto.com/fr/paris/programme/2014/la-plateforme

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