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INA JANG : « LA PHOTOGRAPHIE EST AUSSI AFFAIRE DE PLAISIR »

Ina Jang est une photographe sud-coréenne inclassable : entre mode et fine art, aux croisées de la photographie, du dessin, du design graphique et de la sculpture, elle déploie une esthétique pure et raffinée qui ouvre sur un univers onirique empreint d’humour et de fantaisie.
Ce qui l’intéresse ? Des sujets aussi vastes que le monde, les objets, les êtres qui l’entourent. Pourtant, c’est dans le carnet qui l’accompagne au quotidien – et qu’elle a accepté de montrer à Jonas Cuénin lors de leur rencontre en avril 2013 à New York, où elle vit –, qu’elle fixe à l’encre ses observations, trouve son inspiration, puis conçoit les scénarios de ses images. Les idées surgissent sur le papier, autant d’esquisses ordonnées et harmonieuses qui donneront naissance à leur transposition photographique : prises de vue, découpages, pliages, collages et colorations, réalisés physiquement ou sur Photoshop.
Car Ina Jang aime jouer des éléments. Dans ses portraits et natures mortes en plusieurs dimensions, elle joue des perspectives, efface les détails, masque les visages et tout ce qui a rapport à l’identité, invitant le spectateur à interagir avec l’image, à inventer une partie de son contenu. Si elle utilise Photoshop, c’est surtout pour ajouter des éléments qui ne peuvent être introduits dans la prise de vue réelle à cause de leurs formats, non pour surcharger l’image. Son goût la porte vers la simplicité et le minimalisme « car il permet de comprendre une image plus naturellement, plus facilement »

La photographie, « feuille de papier vierge »
Et c’est précisément ce jeu avec des figures simples auxquelles elle donne une nouvelle apparence qui a ému et conquis aussi bien les rédacteurs en chef de grands magazines américains que Foam et le festival de photographie et de mode de Hyères dès 2011. Une esthétique qui paraît être un tour de force dans une ville comme New York, avec sa vie grouillante, ses paradoxes et ses extravagances, mais qu’elle a découverte et assumée grâce aux conseils de Joseph Maida, son professeur à la School of Visual Arts : « J’ai compris que j’avais le droit de ne pas me forcer à placer les objets dans des endroits qui existent déjà, mais de les choisir et de les jeter dans un espace vide. Dès lors, la photographie m’a toujours paru être simplement une feuille de papier vierge », explique-t-elle. En cela, elle paraît à contre-courant, en particulier de la photographie de mode qui s’est vulgarisée dans les magazines.
Son objectif est désormais d’essayer non de réaliser quelque chose d’absolument nouveau, mais « de repousser un peu plus loin les limites du médium ». Une ambition que lui ont reconnu les galeristes qui désormais la représentent et l’exposent dans le monde entier. Le bonheur serait pour elle de transformer chacun de ses dessins en photographie, « de tous les voir respirer » et, au-delà, de continuer à se battre contre ce crime qu’est l’ennui : « car le jeu est la meilleure des réponses ».

 

Pour en savoir plus sur la rencontre de Jonas Cuénin avec Ina Jang, voir Camera n° 3, p. 3-28. 

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